Accessibilité numérique
Directive 2019/882 : les exigences techniques imposées à votre site
La directive 2019/882 ne se contente pas de désigner des entreprises. Elle décrit aussi, précisément, ce que votre service en ligne doit faire.
Cet article traduit les exigences techniques de la directive en langage clair. Vous verrez ce que votre développeur doit livrer, ligne par ligne.
Exigences techniques : le principe général posé par la directive
Le texte européen tient en une idée. Votre information doit rester perceptible et utilisable par plusieurs sens.
Concrètement, un contenu ne peut pas reposer sur la seule vue. Ni sur la seule audition. Ni sur un geste précis.
Vous trouverez le texte intégral sur EUR-Lex. Son annexe I porte les exigences fonctionnelles.
Exigence 1 : rendre l'information perceptible autrement
Chaque information portée par une image doit exister en texte. Cette règle vise les photos, mais aussi les icônes et les graphiques.
Le texte alternatif décrit la fonction, pas la décoration. Un logo cliquable annonce donc sa destination.
Même logique pour la vidéo. Une vidéo informative réclame un sous-titrage. Un contenu audio réclame une transcription.
Exigence 2 : garantir un contraste suffisant
Le gris clair sur fond blanc reste la faute la plus répandue. Elle touche presque tous les sites que j'audite.
Le seuil s'exprime en rapport de luminosité. Un texte courant vise 4,5 pour 1. Un texte de grande taille descend à 3 pour 1.
Ce point se corrige en quelques heures. Il améliore aussi la lecture au soleil, sur mobile.
Exigence 3 : permettre la navigation au clavier
Certains utilisateurs n'emploient jamais de souris. Ils circulent avec la touche de tabulation.
Testez votre site vous-même, dès ce soir. Trois défauts apparaissent presque toujours :
- le menu déroulant ne s'ouvre pas au clavier ;
- la fenêtre modale piège le focus, sans sortie possible ;
- l'élément actif ne se voit pas à l'écran.
Cette exigence technique conditionne l'usage entier du site. Sans elle, le reste ne sert à rien.
Exigence 4 : structurer le contenu correctement
Un lecteur d'écran annonce la structure de la page. Encore faut-il qu'elle existe dans le code.
Les titres suivent donc une hiérarchie stricte. Un seul titre principal, puis des niveaux emboîtés sans saut.
Les listes utilisent de vraies balises de liste. Les tableaux déclarent leurs en-têtes. Le style ne remplace jamais la structure.
Exigence 5 : rendre les formulaires utilisables
Le tunnel de commande concentre les difficultés. Or il porte directement votre chiffre d'affaires.
Quatre règles s'appliquent à chaque champ :
- un libellé visible, relié au champ dans le code ;
- un message d'erreur explicite, jamais une simple bordure rouge ;
- un ordre de tabulation logique, du haut vers le bas ;
- aucune limite de temps arbitraire pour valider.
Ces exigences techniques réduisent aussi vos abandons de panier. L'accessibilité rejoint ici la conversion.
Exigence 6 : prévenir avant d'agir
La directive impose la prévisibilité. Un changement de contexte ne doit jamais surprendre l'utilisateur.
Une liste déroulante ne déclenche donc pas une navigation. Un lien qui ouvre un nouvel onglet l'annonce. Un compte à rebours se met en pause.
Exigence 7 : documenter l'accessibilité du service
Le texte européen demande une information claire sur le fonctionnement du service. Cette obligation se matérialise par votre déclaration d'accessibilité.
Ce document indique le niveau atteint, les contenus non conformes, et le moyen de vous signaler un blocage.
Exigences techniques : comment vérifier que le travail a été fait
Ne vous contentez pas d'une facture. Demandez trois preuves à votre prestataire.
- une capture du parcours complet au clavier ;
- le relevé des contrastes, page par page ;
- la grille des critères RGAA correspondants.
Notre article compare d'ailleurs les référentiels applicables : RGAA, WCAG et EN 301 549.
Les trois erreurs de développement les plus fréquentes
Le faux bouton
Un développeur pressé transforme une simple boîte en bouton. Visuellement, personne ne voit la différence.
Le clavier, lui, ignore complètement cet élément. Utilisez donc les balises natives prévues pour l'action.
Le contraste choisi par le graphiste
Une charte graphique ancienne impose parfois des couleurs trop pâles. Le débat se règle avec un chiffre, pas avec un avis.
Les recommandations du W3C fixent le seuil. Ajustez la teinte, gardez l'esprit de la charte.
Le carrousel automatique
Il défile trop vite pour un lecteur lent. Il capte aussi le focus au clavier, sans prévenir.
Ajoutez donc un bouton de pause. Ou supprimez le défilement automatique, ce que je recommande.
Faut-il tout corriger d'un coup ?
Non, et personne ne le fait. Classez plutôt vos correctifs par impact sur l'usage.
- d'abord ce qui bloque totalement : clavier, formulaires, tunnel de commande ;
- ensuite ce qui gêne fortement : contrastes, alternatives, structure ;
- enfin ce qui relève du confort : ordre de lecture, libellés de liens.
Cette progression rend le budget supportable. Elle démontre aussi une démarche continue, très utile en cas de contrôle.
Le coût réel de ces exigences techniques
Sur un site vitrine bien construit, l'essentiel se règle en quelques jours. Les contrastes et les alternatives représentent la moitié du travail.
Sur une boutique en ligne, comptez davantage. Le tunnel de commande et les filtres produits demandent une reprise sérieuse.
Dans les deux cas, l'audit précède le devis. Sans mesure, tout chiffrage reste une devinette.
Pour la vue d'ensemble, consultez notre page pilier sur l'accessibilité numérique. Elle relie ces exigences à vos obligations légales.
Dépistage automatique : il couvre environ 30 % des critères du référentiel. Il ne remplace pas un audit manuel et ne vaut pas attestation de conformité.
Besoin d'un chiffrage sur votre site précis ? Écrivez-nous, nous vous répondons sous vingt-quatre heures.
Votre site est-il en règle ?
Le dépistage de conformité vérifie une trentaine de points en une minute. Gratuit, sans inscription.
David Laroura
OFA Web · création de site, SEO, maintenance et conformité